Rafa Ayala. Consultant en modèles de Gouvernement Ouvert.

Le concept de « Gouvernement Ouvert » n’est pas nouveau en Espagne et en Amérique latine. L’approbation de la Charte du gouvernement ouvert ibéro-américain adoptée lors du XXV e Sommet ibéro-américain des chefs d’État et de Gouvernement (Carthagène des Indes, 2016) a permis de consolider cette nouvelle façon de gérer nos institutions. En reprenant leurs principes et en les transférant au régime de nos partis, j’ose montrer comment un parti politique peut mettre en œuvre un processus d’ouverture à la société et aux citoyens. Ensuite, cinq propositions :

  1. Consolider le principe de bonne gouvernance du parti en renforçant ses principes par un code déontologique rigoureux lorsque la demande de mandat au pouvoir ou de responsabilité n’est supérieure à tout autre intérêt que le service public.

Code d’éthique qui pourrait être renforcé en réservant un nombre minimum de membres de sa commission éthique à des personnes extérieures au parti. Le système d’intégrité du Conseil Provincial de Guipúzcoa est exemplaire et peut être transféré à une organisation politique : http://www.gipuzkoa.eus/es/diputacion/sistema-de-integridad.

  1. La transparence en tant qu’outil transversal qui guide l’organisation vers l’intérieur ; et dans la publicité des informations pertinentes et de l’intérêt social vers l’extérieur, vers la société.

En raison de leur importance particulière dans le système constitutionnel, les parties politiques doivent non seulement être exemplaires en ce qui concerne les informations qu’elles présentent sur leur site Web ; mais aussi elles doivent également s’efforcer de faire comprendre à la société de quelle manière elles sont organisées, comment ils embauchent, comment ils entrent et dépensent leurs ressources, et enfin comment ils gèrent les différents domaines de leur organisation. S’ils le comprennent de l’extérieur, cela les aidera à améliorer leurs processus internes et leur connaissance de leurs affiliés, qu’ils soient enregistrés ou militants. Nous avons un exemple dans le parti politique chilien Renovación Nacional : http://transparencia.rn.cl/.

  1. Mettre en œuvre des mécanismes de responsabilisation pour leurs postes publics avec une périodicité appropriée en fonction du type de poste.

C’est fondamental que le militant ou son affilié comprenne comment les décisions de ses dirigeants sont adoptées. Et plus encore, quand ils sont difficiles à comprendre. Gouverner est compliqué et donner les raisons politiques et techniques aux décisions adoptées est le meilleur moyen d’être proche et compris dans la performance politique quotidienne. Les mécanismes de responsabilité peuvent être hétérogènes. Je préconise ceux qui s’adressent à la masse de militants et d’affiliés comme un premier pas vers les autres où ils l’associent à leurs bases. Deux cas intéressants de gouvernements qui peuvent être transférés aux autres partis: Extremadura Cumple: http://extremaduracumple.es/ et la Mairie de Vitoria-Gasteiz, https://www.vitoria-gasteiz.org/a29-01w/plan/show/1?lang=fr&locale=fr&idioma=fr&

  1. Toutes les parties ont dans leurs normes de fonctionnement et leurs statuts la consécration de la participation.

Dans la pratique quotidienne de son fonctionnement, ce principe de participation n’est qu’une simple déclaration sans traduction dans la réalité. Les parties, en tant qu’organisations rassemblant des milliers de personnes, ont l’occasion formidable d’obtenir une mobilisation et une participation de qualité dans leurs prises de décisions internes. Un groupe organisé et cohésif autour d’une fin commune est une excellente occasion de lancer des processus participatifs pour l’élection des dirigeants, la préparation des programmes, l’élaboration des politiques, la sollicitation des opinions avant les débats en cours … En bref, former une culture de la participation utile. Et en plus, nous avons une technologie au service de ces objectifs, tels que ceux de CIVICITI. La technologie mise au service des communautés, qu’elles soient institutionnelles ou politiques, avec un potentiel d’extensibilité élevé.

  1. La collaboration et l’innovation se retrouvent dans la gestion du public.

La création d’espaces hybrides dans lesquels la société pourrait être consultée sur certaines idées politiques ou servir de point de rencontre pour comprendre les revendications et les préoccupations des groupes pourrait être très utile pour les partis politiques en Espagne. Mais je ne parle pas des réunions qui peuvent être tenues à la merci d’une campagne électorale ou d’une conjoncture opportuniste, mais plutôt des espaces de création horizontale commune, entre hommes et femmes, entre politiciens et société civile, en tant que méthodologie pour créer ou renforcer certaines politiques et programmes qui seront lancés à moyen terme. Nous avons un exemple gouvernemental à Nariño (Colombie) https://innovacionsocialnarino.com/v2/.